SEO : Faut-il indexer tous les niveaux de produits ?

Date de création
July 16, 2025
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SEO technique

TL;DR :

Pour un catalogue de milliers de fiches produits, ne pas tout indexer par défaut. Analysez d'abord votre budget de crawl et le risque de cannibalisation, testez sur un échantillon pendant 6-12 semaines, puis déployez progressivement si les résultats sont positifs. Utilisez les balises canoniques pour les déclinaisons proches et le noindex pour les pages sans valeur SEO ajoutée.

Lorsqu’un site contient plusieurs milliers de fiches produits techniques, le plus souvent très proches en contenu, la question de l’indexation SEO devient critique. Faut-il indexer toutes les déclinaisons ? Quels sont les risques et gains potentiels ?

Nous travaillons chez 30A pour un acteur majeur dans la vente de câbles industriels. Celui-ci dispose d’un catalogue structuré en deux niveaux :

  • Des familles de produits : par exemple, « câble à fibre optique », « câble de puissance », etc.
  • Des produits techniques : des déclinaisons par diamètre, tension supportée, type d’isolant, norme, etc.

Ce modèle produit générait près de 20 000 URLs : 200 familles × 100 déclinaisons en moyenne.

La question qu’on s’est posé était : faut il indexer tout ou partie de ces 20 000 URLs et comment choisir ?

1. Pourquoi cette question d’indexation est stratégique en SEO

Choisir d’indexer une catégorie de page fait écho avec plusieurs enjeux qu’on retrouve en SEO.

1.1 Budget de crawl : comprendre les limites de Google

Google ne dispose pas de ressources illimitées pour explorer votre site. Chaque jour, Googlebot alloue un certain nombre de requêtes d'exploration à votre domaine : c'est ce qu'on appelle le budget de crawl. Ce budget dépend de deux facteurs principaux selon la documentation officielle de Google :

  • La capacité de crawl (crawl rate limit) : la vitesse maximale à laquelle Googlebot peut explorer sans surcharger votre serveur. Un serveur lent ou instable réduit mécaniquement cette capacité.
  • La demande de crawl (crawl demand) : l'intérêt que Google porte à vos contenus. Un site qui publie fréquemment du contenu de qualité, qui reçoit des backlinks et qui génère de l'engagement verra sa demande de crawl augmenter.

Pourquoi c'est critique pour un catalogue produit ?

Prenons un exemple concret. Un site e-commerce avec 200 familles de produits et 100 déclinaisons par famille génère 20 000 URLs. Si le budget de crawl quotidien du site est de 5 000 pages, Google mettra 4 jours rien que pour explorer l'intégralité du catalogue, sans compter les pages catégories, le blog, les pages institutionnelles et les URLs parasites (paramètres de tracking, pagination, filtres…).

Le signal d'alerte principal se trouve dans la Google Search Console, dans le rapport Pages > Non indexée > "Explorée, actuellement non indexée". Un volume élevé dans cette catégorie indique que Google découvre vos pages mais choisit de ne pas les indexer — souvent parce qu'il les juge de faible valeur ou redondantes par rapport au reste du site.

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Si on voit un volume importants de pages explorées, actuellement non indexées, alors on essayera le plus souvent d’indexer ces pages avant d’ouvrir à l’indexation d’autres pages.

1.2 Cannibalisation SEO : quand vos pages se concurrencent entre elles

La cannibalisation SEO se produit lorsque plusieurs pages de votre site ciblent la même intention de recherche. Au lieu de concentrer toute l'autorité sur une seule page, vous la diluez entre plusieurs URLs et Google ne sait plus laquelle présenter dans ses résultats. Ce phénomène est particulièrement courant sur les catalogues e-commerce structurés en niveaux (famille → sous-famille → produit → déclinaison).

Prenons l'exemple d'un fabricant de câbles :

La page famille "câble à fibre optique" cible la requête “câble fibre optique”

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La fiche produit "câble fibre optique monomode 9/125 µm" risque de se positionner sur la même requête “câble fibre optique”

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Résultat : Google hésite entre les deux pages. On observe alors un phénomène de "yo-yo" dans les positions : tantôt c'est la page famille qui apparaît en position 8, tantôt la fiche produit en position 15. Aucune des deux ne parvient à se stabiliser durablement dans le top 5.

Comment détecter la cannibalisation dans la Search Console ?

  1. Allez dans Performances > Résultats de recherche
  2. Filtrez sur une requête cible (ex : "câble fibre optique")
  3. Cliquez sur l'onglet Pages
  4. Si plusieurs URLs apparaissent pour la même requête avec des positions qui fluctuent, c'est un signe de cannibalisation

Le piège : la cannibalisation n'est pas toujours visible à première vue. Deux pages peuvent avoir des contenus textuellement différents mais cibler la même intention de recherche aux yeux de Google. C'est la raison pour laquelle l'analyse doit se faire requête par requête, et non page par page.

1.3 Thin content et contenu dupliqué : le piège des déclinaisons

Au-delà de la cannibalisation, les catalogues multi-niveaux génèrent souvent un problème de thin content (contenu mince) et de contenu dupliqué entre les déclinaisons d'un même produit.

  • Le thin content, c'est une page qui n'apporte pas suffisamment de valeur unique pour justifier son indexation. Sur un site de câbles industriels, une fiche produit technique qui ne contient qu'un H1 différent, un tableau de spécifications identique à 95% et aucun texte descriptif propre est un cas typique de thin content.
  • Le contenu dupliqué est encore plus problématique. Quand 100 déclinaisons d'un même produit partagent la même description, les mêmes images et la même structure de page avec pour seule différence un diamètre ou une tension, Google considère ces pages comme du duplicate content. Conséquence : il n'en indexera qu'une (celle qu'il juge la plus pertinente) et ignorera les autres — ou pire, il pourrait pénaliser l'ensemble du cluster.

Comment évaluer le taux de similarité entre vos pages ?

Utilisez un crawler comme Screaming Frog avec l'option "Near Duplicate Detection" activée. Cet outil compare le contenu de vos pages deux à deux et identifie celles dont le taux de similarité dépasse un seuil défini (généralement 85-90%).

Règle de décision :

  • Similarité > 90% entre deux pages : l'une des deux devrait être en canonical vers l'autre
  • Similarité 70-90% : le contenu doit être différencié (description unique, guide d'utilisation, avis, FAQ spécifique)
  • Similarité < 70% : les pages sont suffisamment différentes pour être indexées indépendamment

Pour les sites e-commerce qui utilisent les descriptions fournisseurs, c'est un problème quasi systématique. La solution passe par la création de contenu unique pour chaque fiche : description réécrite, contexte d'utilisation, recommandations, compatibilité, retours d'expérience. Plus ce contenu est riche et différencié, plus Google a de raisons d'indexer la page.

2. Les critères pour décider quoi indexer (et quoi ne pas indexer)

Avant de lancer un test d'indexation, trois critères permettent de trancher rapidement si une catégorie de pages mérite d'être indexée.

Critère 1 : Existe-t-il un volume de recherche sur les déclinaisons ?

C'est le critère le plus décisif. Si personne ne recherche vos déclinaisons spécifiques, les indexer ne générera aucun trafic supplémentaire, mais consommera du budget de crawl.

Comment vérifier :

  • Exportez la liste de vos déclinaisons (noms de produits, références, spécifications clés)
  • Vérifiez le volume de recherche sur des outils comme Google Keyword Planner, Ahrefs ou SEMrush
  • Cherchez aussi les requêtes de longue traîne : parfois ce n'est pas le nom exact du produit qui est recherché, mais une combinaison de caractéristiques (ex : "câble fibre optique monomode 12 brins" plutôt que la référence catalogue)

Exemple concret : dans notre cas client, les familles de produits ("câble fibre optique") captaient 80% du volume de recherche. Mais certaines déclinaisons techniques avaient un volume de recherche spécifique non négligeable, notamment les produits avec des normes ou certifications particulières recherchées par les acheteurs professionnels.

Critère 2 : Le contenu de chaque page est-il suffisamment unique ?

Si vos fiches produits ne diffèrent que par un H1 et une ligne dans un tableau de spécifications, Google les considérera comme du contenu dupliqué. L'indexation massive de pages quasi identiques diluera l'autorité de l'ensemble du site.

Seuil recommandé : au moins 30% de contenu textuel unique par page (hors éléments de navigation et templates communs). Si ce n'est pas le cas, deux options :

  1. Enrichir le contenu de chaque fiche avant de les indexer
  2. Regrouper les déclinaisons sur une seule page parent avec des variations présentées en onglets ou filtres

Critère 3 : Le site a-t-il la capacité technique d'absorber ces nouvelles pages ?

Ce critère est souvent oublié. Avant d'indexer 5 000 nouvelles pages, vérifiez :

  • Le taux d'indexation actuel : quel pourcentage de vos pages indexables sont réellement indexées ? (GSC > Pages). Si ce taux est inférieur à 80%, résolvez d'abord les problèmes existants.
  • Le ratio pages crawlées / pages indexées : un écart important indique que Google explore vos pages mais ne les juge pas dignes d'indexation.
  • La vitesse du serveur : un TTFB (Time To First Byte) supérieur à 600ms sous charge va ralentir le crawl et limiter la capacité d'exploration.

3. La méthode pour décider quoi indexer

Voici un process en 3 étapes que nous appliquons régulièrement chez nos clients avant d’indexer ou désindexer une catégorie de page.

Prenons l’exemple ici de pages produits techniques qui ne sont pas indexées et qu’on souhaiterait indexer.

Étape 1 : Analyse de l’existant

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  • Les pages sont-elles déjà indexables ? Données de crawl
  • Les pages sont-elles réellement indexées ? Données de la couverture de la Search Console.
  • Analyse des positions
  • Si les pages produits techniques sont indexées : est ce que celles-ci se positionnent sur les mêmes requêtes que les pages familles produits ?

Étape 2 : phase de test

1 - Choisir un échantillon représentatifs de “produits techniques”

2 - Indexer les pages “produits techniques”

3 - Laissez Google indexer les pages

4 - Surveillez les résultats sur 6 à 18 semaines

Analyse du résultat du test

Analyse des clics SEO :

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Dans notre exemple on voit ainsi un total de clics en augmentation et les pages produits techniques qui ne cannibalisent pas les familles de produits.

Analyse des positions SEO : nombre de positions dans le top 0

Période avant le test
Période après le test
Evolution
Familles de produits
XX
XX
stable
Produits techniques
XX
XX
+10%
📌

Le test est positif si on voit une croissance du trafic et des conversions globales en cumulant les deux types de catégories de pages dans ce cas la, on indexera tous les autres produits techniques. A l’inverse, si le trafic reste stable avec les produits technique qui canibalisent les familles de produits alors on conservera la situation actuelle avec la catégorie de pages produits techniques non indexées.

Étape 3 : phase de déploiement

Si le test est positif, alors on peut passer dans une phase de déploiement en plusieurs lots en fonction du nombre de pages produits techniques et de la capacité de Google d’indexer facilement ces pages.

Je recommande pour aider la création d’un ou plusieurs sitemap dédié pour piloter l’indexation de ces pages dans la search console.

Checklist : faut il indexer vos fiches produits ?

FAQ : Questions fréquentes sur l'indexation des fiches produits

Comment savoir si mes fiches produits sont indexées par Google ?

Quelle différence entre noindex et bloquer dans le robots.txt ?

Combien de temps faut-il pour voir l'impact SEO de l'indexation de nouvelles pages ?

Faut-il indexer les pages de filtres (navigation à facettes) ?

Comment gérer les produits épuisés ou supprimés du catalogue ?

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FOUCAULD HENIN

Senior SEO consultant et fondateur de 30A  

Je vous accompagne dans conception et la mise en place de vos chantiers SEO.

Après plusieurs expériences chez des retaillers, clients grand comptes et scale up, j’apporte une vision rationnelle et data driven dans les stratégies SEO.

Références : Oscaro, Total Energie, Intermarché, Oreegami

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