Depuis deux ans, la même question revient dans toutes les conversations autour de la visibilité digitale : est-ce que le GEO va remplacer le SEO ?
La réponse courte : non. La réponse longue mérite qu'on s'y attarde, parce que l'erreur de raisonnement derrière cette question coûte cher aux entreprises qui font de mauvais arbitrages budgétaires.
Le marché de la recherche ne se divise pas, il s'étend
ChatGPT a dépassé 800 millions d'utilisateurs hebdomadaires en mars 2025. Simultanément, Google traite toujours environ 14 milliards de recherches par jour et conserve 90% de parts de marché mondiales. Le volume de recherches Google a augmenté d'environ 20% entre 2023 et 2024 selon SparkToro.


Ces deux chiffres coexistent parce que les usages sont différents. Sur Google, on tape "fournisseur électricité pas cher". Sur ChatGPT, on écrit "Je suis chez EDF avec un contrat tempo et je souhaite changer pour une offre verte, expliquez-moi d'ailleurs comment fonctionne une offre verte." Ce ne sont pas les mêmes questions, pas les mêmes moments, pas les mêmes intentions. Les IA et les moteurs de recherche répondent à des cas d'usage distincts. Les utilisateurs n'ont pas quitté Google, ils ont ajouté un outil à leur arsenal.
Pourquoi le GEO dépend structurellement du SEO
C'est le point que beaucoup de gens ratent, et c'est pourtant le plus important.
Quand vous posez une question à ChatGPT ou à Perplexity avec la recherche web activée, voici ce qui se passe : l'IA transforme votre prompt en 5 à 12 requêtes, les envoie sur le web via l'index Google, récupère les pages les mieux positionnées sur ces requêtes, et synthétise une réponse à partir de ces sources. Ce mécanisme s'appelle le "query fan-out".

Conséquence directe : si vous n'êtes pas visible sur Google, vous avez très peu de chances d'être cité dans les réponses des IA. Le GEO n'est pas une alternative au SEO. Il s'appuie dessus. Dire qu'il va le remplacer, c'est comme dire que les avions vont remplacer les aéroports (pas sur de cette comparaison 😅 ).
Les trois ajustements concrets pour 2025
Si vous faites du SEO sérieusement depuis 2018, vous cochez déjà 80% des cases du GEO. La structure HTML, la couverture de l'intention utilisateur, les données structurées, l'autorité thématique, la performance technique, tout ça reste valable et fondamental.
Les 20% qui change c’est :
- Pensez "extractabilité" plutôt que "ranking". Les LLM ne lisent pas vos pages linéairement. Ils prennent des fragments et les recomposent. Chaque affirmation doit se suffire à elle-même : une idée, une phrase complète, claire, avec sa source si nécessaire. Aucune référence implicite du type "comme mentionné plus haut".
- Ajoutez des blocs synthétiques. Un encadré "points clés" en 3-4 bullets en début ou fin de section. En SEO, c'est accessoire. En GEO, ces blocs deviennent des zones de citation prioritaire pour les IA qui cherchent des réponses rapides et structurées.
- Sourcez vos chiffres. Les IA veulent des faits vérifiables. Un chiffre sans source a moins de valeur qu'un chiffre attribué à une étude datée. "Le CTR a baissé" est ignoré. "Le CTR a baissé de 28% à 19% selon Seer Interactive (2025)" est cité.
Ce qui arrive dans les 12-18 prochains mois
En janvier 2026, OpenAI a officialisé l'arrivée de la publicité dans ChatGPT. Google a déjà déployé des publicités dans AI Overviews. Ce développement va changer la mesurabilité du GEO de façon radicale.
Aujourd'hui, mesurer sa visibilité dans les IA reste approximatif : on peut scrapper des réponses sur un corpus de prompts définis, mais il n'existe pas de volume de recherche associé aux prompts comme il en existe pour les requêtes Google. L'arrivée de la publicité va forcer les plateformes à partager des données : volumes de requêtes par thématique, formats de prompts les plus utilisés, performance des citations. Le GEO va se professionnaliser exactement comme le SEO l'a fait entre 2008 et 2012 avec l'arrivée de Google Search Console.
Ce que ça change pour votre stratégie
On est en phase d'exploration. Il n'y a pas de playbook figé — ce qui fonctionne aujourd'hui évoluera dans six mois. La bonne posture n'est pas d'attendre que les choses se stabilisent. C'est de tester des formats, observer ce qui est cité, documenter vos learnings, et ajuster.
Ce que vous ne devez pas faire : couper votre budget SEO pour "pivoter vers le GEO". Ce que vous devriez faire : traiter le GEO comme une couche d'optimisation supplémentaire sur une base SEO solide.
Si vous voulez qu'on regarde ensemble où en est votre visibilité — sur Google et dans les IA — c'est exactement ce qu'on fait chez Agence 30A.